Brossard, le 15 décembre 2025 – La Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud a eu le plaisir de recevoir Michael Keroullé, président d’Alstom Amériques, le 9 décembre dernier, dans le cadre d’une Grande Rencontre de la Rive-Sud consacrée à l’avenir du transport collectif sur le territoire, et aux ambitions d’Alstom sur le continent. Depuis l’implantation de son siège social à Saint-Bruno-de-Montarville en 2021, près de 1 000 employés y conjuguent expertise en conception, ingénierie, prototypage et innovation, faisant de ce site un véritable pôle stratégique. Leur savoir-faire unique se reflète dans des projets majeurs en cours, comme le REM et le Skytrain de Vancouver, ainsi que dans des projets en préparation, tels que les nouvelles voitures de trains de banlieue de la MTA à New York, le tramway de Québec et les voitures du métro de Toronto.

Cet événement a permis de découvrir et de mieux comprendre la vision stratégique d’Alstom Amériques : accélérer la transition vers une mobilité intelligente et décarbonée, renforcer le rôle du Québec comme pôle d’innovation ferroviaire, et répondre aux besoins pressants en infrastructures de transport durable.

La Rive-Sud : un pôle stratégique

Depuis l’implantation de sa direction des Amériques à Saint-Bruno-de-Montarville, Alstom concentre une grande partie de ses activités sur la Rive-Sud. Michael Keroullé explique que cet écosystème est essentiel à la croissance de l’entreprise, grâce à la qualité exceptionnelle du bassin de main-d’œuvre et à la proximité de ses 600 fournisseurs situés au Québec. Récemment, l’entreprise a lancé une vaste campagne de recrutement pour pourvoir 220 postes nécessaires à l’exécution de l’ensemble de ses contrats, dont la moitié est déjà comblée. Il a également rappelé le rôle clé des travailleurs étrangers temporaires, notamment pour les postes d’ingénierie hautement spécialisés, afin de répondre aux besoins accrus lors des périodes de forte activité.

Parmi les projets phares sur la Rive-Sud, le président d’Alstom Amériques a réaffirmé sa fierté pour le REM, qu’il qualifie d’« unique » sur le plan technologique et qui a attiré l’attention et l’admiration à l’international.

Une vision d’avenir pour le boulevard Taschereau

À la suite des récentes annonces concernant le réaménagement du boulevard Taschereau et sa ligne de SRB (service rapide par bus), Alstom Amériques souligne que ce type de transport pourrait ne pas suffire à répondre pleinement aux besoins futurs. Il est estimé en effet qu’un SRB pourrait transporter environ 30 000 passagers par jour, alors que la demande se situerait plutôt autour de 45 000. L’entreprise note également que ce mode de transport pourrait stimuler de manière limitée les investissements en infrastructures.

Dans cette optique, Alstom Amériques recommande plutôt fortement l’installation d’un tramway, qui permettrait d’améliorer significativement la mobilité sur ce boulevard stratégique tout en favorisant des investissements plus conséquents et durables. Sur un axe aussi structurant que le boulevard Taschereau, il est important de réfléchir à long terme pour éviter de devoir « réinvestir » dans les infrastructures dans 10 ou 15 ans. Le succès récent de projets similaires, comme l’inauguration de la nouvelle ligne de tramway à Toronto, illustre le potentiel de ce type d’approche.

Trois concepts stratégiques pour consolider l’économie, l’équité et l’environnement

Michael Keroullé a présenté le nouveau concept de développement d’Alstom Amériques, structuré autour de trois axes clés, soit les « 3 E » : Économie, Équité et Environnement.

Sur le plan économique, l’exemple de Toronto illustre de manière convaincante l’importance d’investir dans le transport collectif plutôt que dans l’expansion du réseau routier, comme le souligne Michael Keroullé. La congestion routière y entraîne chaque année des pertes de 45 milliards de dollars et pousse 88 000 travailleurs à quitter leur emploi. Chaque citoyen y perd en moyenne 98 heures par an dans la circulation, soit près de deux semaines complètes, ce qui affecte à la fois leur qualité de vie et la productivité des entreprises. Le transport collectif apparaît donc comme une solution incontournable, surtout lorsqu’on considère que chaque dollar investi dans ce secteur génère 5 $ dans l’économie. Pourtant, au Québec, seulement le tiers du budget en transport lui est consacré, contre deux tiers pour les routes, une proportion inversée en Ontario.

Sur le plan de l’équité, Michael Keroullé insiste sur le rôle essentiel du transport collectif pour assurer un accès juste aux villes, aux services et aux infrastructures, notamment pour celles et ceux qui n’ont pas accès à une voiture. Il facilite également les déplacements des travailleurs en périphérie des grandes villes, stimule le développement de nouveaux centres urbains et relie davantage la population aux opportunités économiques. En ouvrant l’accès à des secteurs où les logements sont plus abordables, il contribue aussi à réduire la pression sur le marché de l’habitation.

Enfin, sur le plan environnemental, le constat est clair pour Michael Keroullé : la crise climatique ne ralentira pas, elle s’intensifiera. Les feux de forêt intenses, les tempêtes de neige historiques et les inondations de plus en plus fréquentes en témoignent chaque année. Au Québec, le transport demeure la principale source de gaz à effet de serre, représentant 47 % des émissions. La croissance du parc industriel, qui dépasse celle de la population, accentue encore davantage cette pression. Le transport collectif constitue ainsi un levier concret pour limiter l’impact environnemental tout en améliorant la fluidité des déplacements.


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Elle exerce une influence significative en mobilisant et en donnant une voix aux entreprises et aux acteurs économiques de son territoire, établissant ainsi sa position en tant que réseau indispensable pour la communauté d’affaires de la seconde région économique en importance au Québec.

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