Brossard, le 11 septembre 2026 – La Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud a eu le plaisir de recevoir Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Isabelle Dessureault, présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), et Francis Gosselin, consultant, conférencier et chroniqueur économique, à l’occasion d’une Grande Rencontre de la Rive-Sud consacrée aux priorités économiques du Québec à l’approche des élections de 2026.
Les grandes priorités économiques en rafale
À quelques semaines des élections, les enjeux économiques sont nombreux. Les panélistes ont néanmoins dégagé plusieurs priorités qui, selon eux, devraient guider l’action du prochain gouvernement afin de renforcer durablement l’économie du Québec. On y retrouve notamment :
- Alléger la fiscalité des entreprises et réduire le fardeau administratif et réglementaire qui freine leur capacité d’investir et d’innover, particulièrement dans le contexte actuel de guerre tarifaire.
- Se doter d’une vision économique collective, claire et cohérente.
- Favoriser la collaboration entre les régions et les différents secteurs d’activité.
- Investir dans les infrastructures et adopter une approche axée sur leur entretien et leur pérennité.
- S’attaquer concrètement aux enjeux de main-d’œuvre liés au déclin démographique.
- Faciliter l’accès des entreprises d’ici aux contrats publics.
- Miser sur les secteurs stratégiques et les projets structurants.
Les panélistes s’entendent également pour dire que le gouvernement devrait adopter une approche moins interventionniste à l’égard des entreprises, bien que certaines nuances aient été apportées quant à des secteurs stratégiques prioritaires. Selon eux, plutôt que de multiplier les interventions, l’État devrait avant tout mettre en place des conditions favorables permettant aux entreprises et aux acteurs économiques de réaliser leur plein potentiel. Ils soulignent également l’importance de demeurer attentifs aux conditions de marché et aux mesures mises en œuvre ailleurs afin de préserver la compétitivité des entreprises québécoises à l’échelle internationale.
Finances publiques : faire des choix stratégiques
Dans le contexte actuel, les marges de manœuvre budgétaires sont plus limitées alors que les besoins demeurent considérables. Les panélistes s’entendent pour dire qu’il sera important que le prochain gouvernement soit en mesure de prioriser les projets et de cibler les industries stratégiques afin de se doter d’une vision économique claire pour le Québec.
Véronique Proulx mentionne notamment que son organisation milite pour que le Québec se dote d’une politique industrielle afin d’identifier les secteurs névralgiques et d’y consacrer les investissements nécessaires, en impliquant l’ensemble des régions et en misant sur leurs forces complémentaires.
Selon nos panélistes, un autre secteur à privilégier est celui de la défense. Il faut s’assurer de développer cette industrie au sein de nos chaînes d’approvisionnement, à la fois dans une perspective de souveraineté économique, industrielle et sécuritaire. Le gouvernement fédéral y investit déjà de façon importante et le Québec doit lui emboîter le pas afin de développer une expertise locale et de soutenir ses fournisseurs et ses entreprises.
Parmi les secteurs que le gouvernement doit protéger et développer, les infrastructures occupent également une place centrale. Par exemple, le développement de parcs éoliens en région représente une occasion importante pour le Québec, mais encore faut-il disposer des routes nécessaires pour y accéder. Comme le souligne Francis Gosselin, les infrastructures existent dans la plupart des cas, mais elles n’ont pas toujours été utilisées à leur plein potentiel. Il faut rendre nos infrastructures pleinement fonctionnelles, maximiser l’utilisation de celles qui existent déjà et assurer leur entretien.
Isabelle Dessureault renchérit en soulignant l’importance d’adopter une approche axée sur le maintien et la préservation des infrastructures. Elle rappelle également que seulement 30 à 40 % des infrastructures du Québec sont actuellement cartographiées à des fins d’entretien. Selon elle, il est essentiel de se doter d’une cartographie complète afin de disposer d’un portrait global et de prendre des décisions éclairées.
La Rive-Sud dans l’économie métropolitaine et québécoise
La Rive-Sud accueille actuellement plusieurs investissements et projets structurants dans des secteurs comme l’aérospatiale, le manufacturier, l’énergie, la logistique et le transport. Le territoire sera appelé à jouer un rôle encore plus important dans la croissance économique de la région métropolitaine et du Québec au cours des prochaines années. En effet, la région bénéficie de plusieurs atouts qui contribuent à l’économie de l’ensemble de la province. Elle constitue notamment un point de connexion stratégique entre plusieurs régions, dont l’Estrie et le Centre-du-Québec, en plus de proposer un accès privilégié aux États-Unis et à l’Ontario. Sa diversité économique lui permet également de mieux traverser les ralentissements qui peuvent toucher certains secteurs d’activité.
De plus, les panélistes soulignent l’importance de la collaboration entre les régions et les acteurs économiques. Selon eux, il faut davantage travailler ensemble, se concerter et multiplier les occasions d’échange comme celles qu’offrait cette Grande Rencontre. Comme le souligne Véronique Proulx, c’est de cette façon qu’il sera possible de faire avancer les politiques publiques.
Francis Gosselin soutient toutefois que la Rive-Sud est en train de devenir un pôle économique important à part entière. L’époque où elle n’était que « le bout d’une ligne de métro » est révolue. À long terme, la région développera sa propre identité et, selon lui, cette transition est déjà bien amorcée.
Une économie québécoise plus forte dans quatre ans
La journée s’est conclue par un exercice de projection. Les panélistes se sont fait poser la question suivante : « Dans quatre ans, comment saurons-nous objectivement que l’économie québécoise est plus forte qu’aujourd’hui? » Chacun y est allé de sa vision.
Francis Gosselin a mentionné que, selon lui, le contexte actuel avec les États-Unis aura profondément transformé l’économie québécoise. Bien que la période que nous traversons soit angoissante, il croit que cette adversité nous poussera à repenser notre économie, notamment en la modernisant. Selon lui, il faut dès maintenant retrousser nos manches et continuer d’investir. Il est convaincu qu’une fois cette crise derrière nous, ses retombées auront ultimement contribué à accélérer la croissance de notre économie.
De son côté, Véronique Proulx souhaite que, dans quatre ans, la part du PIB attribuable au secteur manufacturier passe de 11,5 % à 15 %. Pour y parvenir, le gouvernement devra réunir les conditions propices à la croissance des entreprises et favoriser un environnement d’affaires compétitif, notamment en allégeant le fardeau fiscal et réglementaire des entreprises.
Pour sa part, Isabelle Dessureault souhaite que la protection du français et l’ouverture sur le monde deviennent deux forces complémentaires plutôt que deux réalités opposées. Les défis liés à la démographie et à la main-d’œuvre continueront de s’accentuer au cours des prochaines années. Selon elle, le Québec doit avoir l’ambition de devenir une référence en matière d’accueil et d’intégration. Si ces conditions sont réunies, un nouveau chapitre de l’histoire du Québec pourra s’écrire.
Les attentes de la Chambre auprès du prochain gouvernement
En plus des éléments soulevés par les panélistes, la Chambre réitère ses attentes et demandes auprès des partis et du prochain gouvernement afin que les priorités économiques du milieu des affaires se reflètent dans les programmes de toutes les formations politiques. Parmi celles-ci figurent notamment la nécessité d’alléger la fiscalité des entreprises et de réduire leur fardeau administratif et réglementaire. « Dans un contexte marqué par les tarifs américains et une incertitude économique persistante, il faut évidemment soutenir les entreprises les plus touchées, mais aussi agir sur les conditions qui détermineront notre compétitivité à plus long terme. Nous ne contrôlons pas les décisions prises à Washington, mais nous avons prise sur notre fiscalité, notre environnement réglementaire et la prévisibilité offerte aux entreprises. Dans cette campagne, nous souhaitons donc entendre les partis sur ce qu’ils comptent concrètement faire pour rendre le Québec plus compétitif et plus attractif pour l’investissement », explique Jean-François Lévesque, président-directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud. (Consulter notre communiqué émis à ce sujet.)
La Chambre appelle également le prochain gouvernement à faire des infrastructures, particulièrement celles liées au transport, une priorité économique claire, avec des engagements concrets, des échéanciers définis et des investissements à la hauteur des besoins, notamment dans le corridor de l’autoroute 30. La réfection de cet axe routier névralgique doit figurer parmi les priorités du prochain gouvernement. Les problèmes qui en découlent ont déjà des répercussions importantes sur l’économie et les entreprises de la région. Dans un contexte marqué par d’importants projets structurants, notamment l’ouverture récente du MET – Aéroport métropolitain de Montréal et le développement du Port de Montréal à Contrecœur, l’urgence d’agir devient d’autant plus critique.
À propos de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud
Depuis 1959, la Chambre agit comme catalyseur de la croissance économique de la Rive-Sud, en plus d’être un porte-parole reconnu auprès de la communauté d’affaires, du public et des différents paliers de gouvernement.
Elle exerce une influence significative en mobilisant et en donnant une voix aux entreprises et aux acteurs économiques de son territoire, établissant ainsi sa position en tant que réseau indispensable pour la communauté d’affaires de la seconde région économique en importance au Québec.
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