« J’étais de passage hier au Téléjournal de Radio-Canada pour rappeler une réalité des citoyens, travailleurs et entreprises de la Rive-Sud : l’autoroute 30 a atteint ses limites.

Ce qui devait être une voie de contournement stratégique pour la région métropolitaine est aujourd’hui l’un des principaux points de congestion du Québec.

Pendant ce temps, la Rive-Sud continue de croître. Les investissements se multiplient. Les pôles industriels se développent. Les entreprises recrutent, investissent et exportent. Le terminal Contrecœur du Port de Montréal se prépare à transformer la logistique québécoise. Le MET – Aéroport métropolitain de Montréal accueillera ses premiers passagers lundi.

Mais nos infrastructures ne suivent plus.

Depuis des années, la Chambre porte ce dossier avec constance aux côtés de nombreux partenaires municipaux, économiques et institutionnels. Nous avons participé aux discussions, formulé des recommandations et accueilli favorablement les annonces gouvernementales lorsqu’elles ont été faites.

Aujourd’hui, il faut franchir une nouvelle étape.

L’élargissement du corridor de l’autoroute 30 n’est plus un projet souhaitable.

C’est un impératif économique.

Chaque année de retard entraîne des coûts importants pour les entreprises, affaiblit la fluidité des échanges, réduit la productivité de notre économie et compromet la compétitivité d’un territoire qui joue un rôle de plus en plus stratégique dans le développement du Québec.

Il ne s’agit pas d’une revendication sectorielle ou d’un caprice réclamé par le milieu des affaires.

Derrière chaque camion immobilisé dans la congestion se trouvent des marchandises attendues par des consommateurs, des matériaux destinés à des chantiers, des produits essentiels pour nos commerces ou encore des intrants nécessaires à nos entreprises.

Nous sommes tous des consommateurs exigeants. Nous voulons des produits disponibles rapidement, des chaînes d’approvisionnement fiables et des prix compétitifs. Ces attentes légitimes reposent toutefois sur une réalité : les personnes et les marchandises doivent pouvoir circuler efficacement.

Lorsqu’une infrastructure stratégique comme l’autoroute 30 atteint sa limite, ce ne sont pas seulement les entreprises qui en paient le prix. Ce sont également les travailleurs, les familles, les municipalités et l’ensemble des citoyens.

À l’approche de la campagne électorale provinciale, le milieu économique s’attend à davantage que des études, des intentions ou des engagements de principe.

La Rive-Sud représente aujourd’hui l’un des moteurs économiques les plus dynamiques au Canada. Elle contribue de façon déterminante à la prospérité de la grande région métropolitaine et de l’ensemble du Québec.

Elle mérite un plan clair.

Elle mérite un échéancier clair.

Elle mérite des investissements à la hauteur de sa contribution à notre prospérité collective.

Comme région, nous avons été patients.

Comme milieu économique, nous avons été constructifs.

Nous serons maintenant exigeants.

Le temps des diagnostics est derrière nous.

C’est le temps des décisions, c’est le temps de l’action. »

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