Brossard, le 27 avril 2026 – La Rive-Sud connaît actuellement une période charnière en matière de transport et d’infrastructures, marquée par d’importants investissements et par une croissance soutenue de son activité économique. Dans ce contexte, la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud tenait une Grande Rencontre stratégique réunissant décideurs publics, experts du secteur et leaders d’entreprises afin de faire le point sur les grands projets en cours et d’échanger sur les défis et opportunités qui façonnent l’avenir du transport sur le territoire.  

Le transport demeure un dossier majeur pour la Chambre, qui en fait une véritable priorité depuis de nombreuses années. Qu’il s’agisse de l’élargissement de l’autoroute 30, du développement du transport collectif au bénéfice des entreprises – notamment dans les secteurs industriels –, du soutien à l’expansion du Port de Montréal à Contrecœur ou de l’appui au développement du secteur aéroportuaire et aérospatial, la Chambre multiplie les représentations pour améliorer concrètement les conditions de transport des marchandises, des travailleurs et des citoyens de la Rive-Sud. Cette Grande Rencontre stratégique marquait un pas de plus dans cette mobilisation, en favorisant le dialogue entre les parties prenantes et en consolidant une vision commune pour un réseau de transport plus efficace, accessible et structurant sur la Rive-Sud. 

« Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, le Québec dispose d’atouts majeurs, à commencer par son indépendance énergétique. C’est une occasion unique d’accélérer l’électrification des transports et de positionner la Rive-Sud comme un leader en innovation. Avec des projets structurants comme le MET et l’expansion du Port de Montréal à Contrecœur, nous serons au centre de l’attention. Encore fautil être proactifs, investir intelligemment dans nos infrastructures, notamment le corridor de l’autoroute 30 et le transport collectif, et miser sur des programmes stables et prévisibles. Nos entreprises sont prêtes à faire leur part ; il est temps que cela devienne une véritable priorité collective. » 

Michel Veilleux 
Directeur principal, services de conseil stratégique – transports et infrastructures chez WSP Canada
Président du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud 

Panel 1 : Grands projets et vision d’ensemble : transformer la mobilité sur la Rive-Sud 

La journée a débuté par un panel réunissant trois acteurs clés de la mobilité sur la Rive-Sud : SimonPierre Diamond, viceprésident, Affaires corporatives et légales, communications et marketing au MET – Aéroport métropolitain de Montréal, Ronald Haddad, viceprésident, Projet d’expansion au Port de Montréal, et Ian Hodkinson, directeur technique et développement des affaires – systèmes de transport en commun chez Alstom. Ensemble, ils ont mis en lumière la manière dont les grandes infrastructures de transport de personnes et de marchandises redessinent les systèmes métropolitains et économiques, tout en soulignant leur rôle structurant pour les citoyens, les entreprises et le développement économique de la RiveSud. 

Il est clair que les grands projets de transport sont de plus en plus appelés à jouer un rôle de leviers de transformation économique et urbaine. Selon les panélistes, un projet devient véritablement structurant lorsqu’il a un fort impact sur l’ensemble de l’écosystème, qu’il contribue à façonner l’avenir d’une communauté et qu’il offre aux entreprises un cadre propice à l’investissement à long terme. C’est notamment le cas des projets du MET – Aéroport métropolitain de Montréal, du Port de Montréal à Contrecœur et du REM, pour ne nommer que ceux-ci. Pour réussir la transformation de la mobilité sur un territoire, il est essentiel d’être à l’écoute des besoins des communautés locales, de s’ancrer pleinement dans son milieu et de repenser la façon dont on se déplace et se développe autour des axes de transport en commun, afin de déployer des projets qui génèrent des retombées positives et concrètes pour les citoyens comme pour les entreprises. 

Les panélistes ont également insisté sur l’importance d’adopter une vision à long terme. Anticiper les besoins de mobilité bien en amont est crucial pour éviter d’être pris au dépourvu. Que ce soit par des consultations sur le terrain, des études d’impacts, de la modélisation ou des tables citoyennes, rien ne doit être laissé au hasard. Il s’agit de répondre aux besoins actuels, tout en planifiant les capacités de mobilité futures afin de soutenir la croissance des entreprises déjà établies et l’attraction de nouveaux projets d’investissement. Pour y arriver, il faut miser sur la qualité des services, l’accessibilité aux marchés et les gains d’efficience pour les entreprises, tout en développant les projets en complémentarité afin de maximiser les retombées et de limiter les impacts pour l’ensemble du territoire. 

Panel 2 : Transport des marchandises : fluidité, intermodalité et chaînes d’approvisionnement 

La journée s’est poursuivie avec un panel réunissant LouisPhilippe Allard, directeur général de Cargo M, Annie Colangelo, directrice de marché (Boucherville, Brossard et Sherbrooke) chez IKEA, et Julie Robert, directrice corporative logistique et distribution chez Cascades. Les échanges ont permis de mieux comprendre les grandes tendances en matière de performance logistique ainsi que les leviers d’efficacité des chaînes d’approvisionnement modernes. 

Les panélistes ont rappelé à quel point les chaînes d’approvisionnement ont dû s’adapter rapidement au cours des dernières années, la pandémie ayant marqué un point de rupture. L’imposition de tarifs américains, la hausse fulgurante du coût du carburant, les enjeux croissants d’accessibilité routière, ainsi que les risques climatiques et géopolitiques ont forcé les entreprises à revoir en profondeur leurs planifications stratégiques et leurs méthodes d’analyse des risques. Ces perturbations entraînent inévitablement des défis importants en matière de performance des chaînes d’approvisionnement, qui doivent constamment améliorer leurs processus afin de réduire les coûts, d’accroître la satisfaction de la clientèle et de diminuer leur empreinte carbone. 

Afin de répondre à des exigences de performance toujours plus élevées, les panélistes ont soutenu que l’une des clés réside dans l’intermodalité des réseaux de transport de marchandises. En combinant plusieurs modes de transport au cours d’un même déplacement, qu’ils soient terrestres, maritimes, ferroviaires ou aériens, il devient possible d’optimiser les trajets, tant en termes de coûts que de temps de transport. Les panélistes sont unanimes : le Grand Montréal dispose de tous les atouts nécessaires pour devenir un véritable leader mondial de l’intermodalité. À cet égard, l’expansion du Port de Montréal à Contrecœur représente une occasion concrète d’intégrer l’intermodalité dès la conception du projet, en la pensant en amont et en favorisant une approche concertée entre les acteurs. 

Pour diversifier les sources d’exportation des entreprises canadiennes et soutenir une réorientation des principaux axes de transport des marchandises, la généralisation de l’intermodalité apparaît comme une perspective porteuse pour la transformation des chaînes logistiques. L’automatisation et l’intelligence artificielle constituent également des leviers puissants pour relever les défis des prochaines décennies. Enfin, les panélistes ont insisté sur l’importance de la collaboration entre l’ensemble des acteurs afin de fluidifier au maximum les déplacements, de briser les silos et de créer une véritable chaîne d’approvisionnement intégrée. 

Panel 3 : Transport collectif et mobilité de la main-d’œuvre : un levier de productivité

Le troisième panel de la journée réunissait Émile Cadieux, viceprésident principal, Québec et Maritimes chez Transdev Canada, Marc Gall, directeur général chez Dana TM4, et Philippe Dubé, directeur, Gestion de l’exploitation et équipements, Développement et performance à l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM). Les échanges ont mis en lumière l’impact des transformations du marché du travail sur les systèmes de transport collectif. 

Depuis la pandémie, les habitudes de travail ont été bouleversées par l’essor du télétravail, entraînant une baisse marquée de l’achalandage des transports en commun, mais aussi une transformation des horaires de déplacement. Cette diminution de la fréquentation a eu des répercussions importantes sur le financement des réseaux de transport, une part importante de leurs revenus provenant de la vente de titres de transport. Les panélistes ont toutefois souligné que l’on observe un retour progressif au travail en présentiel, ce qui est encourageant pour l’utilisation du transport collectif. Néanmoins, le modèle traditionnel du travail de 9 h à 17 h, du lundi au vendredi, ne reviendra pas intégralement, ce qui les oblige à continuer de s’adapter à des réalités en constante évolution. 

Dans ce contexte, il peut être intéressant pour les entreprises de soutenir la mobilité de leurs employés en nouant des partenariats avec les différents acteurs du transport collectif. À titre d’exemple, Dana TM4 a mis en place une navette privée reliant directement le métro Longueuil à ses bureaux, en réponse à une offre limitée de transport collectif dans son secteur. L’entreprise est également en discussion avec le Réseau de transport de Longueuil (RTL) afin de développer, à plus long terme, des solutions mieux adaptées, dans une logique de collaboration entre les secteurs privé et public.  

Enfin, les panélistes ont insisté sur l’importance d’impliquer toutes les parties prenantes dans les projets de mobilité. La congestion routière représente annuellement plus de 6 milliards de dollars en pertes économiques, un enjeu majeur pour la productivité des entreprises. Face à cette réalité, les panélistes sont unanimes : il est impératif de repenser les modèles actuels, d’optimiser et de mutualiser les processus, et de se doter d’une vision à long terme. Cela passe notamment par des partenariats entre les secteurs privés et publics, et la mise en place de réseaux de transport interreliés, sans frontières municipales, afin de faciliter les déplacements des citoyens et des travailleurs d’une ville à l’autre et de soutenir la compétitivité du territoire. 

Panel 4 : Transport, innovation et transition énergétique 

Cette Grande Rencontre de la RiveSud s’est conclue sur le thème de la transformation technologique et de la transition énergétique avec un panel réunissant Jacques Roy, professeur émérite au département de gestion des opérations et de la logistique à HEC Montréal – Carrefour logistique, et Stéphane Pascalon, expert sectoriel chez Propulsion Québec. Les échanges ont mis en évidence une tendance persistante dans le secteur du transport : celle de réagir aux perturbations externes à court terme, plutôt que d’adopter une approche proactive et planifiée. 

Cependant, comme l’ont rappelé les panélistes, des transformations majeures telles que l’électrification des flottes de véhicules lourds nécessitent une planification rigoureuse et une vision à long terme. Les bénéfices économiques, opérationnels et environnementaux de cette transition sont bien documentés. Il est donc essentiel d’accélérer le virage énergétique et de sortir d’une logique de réaction aux crises pour s’inscrire dans une démarche proactive et anticipative. 

Les panélistes ont toutefois mis en lumière plusieurs freins à l’adoption de ces nouvelles technologies. Parmi ceux-ci figurent les coûts d’acquisition élevés, ainsi que les défis liés à l’acceptation du changement. Si la volonté de transition est présente, elle se heurte souvent à la réticence à modifier les pratiques, les habitudes et les processus existants. À cela s’ajoutent des enjeux réglementaires et opérationnels. Dans le secteur du camionnage, par exemple, les temps de recharge des véhicules électriques soulèvent des questions quant à l’organisation du travail des chauffeurs, tandis que la capacité du réseau électrique, notamment lors des périodes de pointe, constitue un défi supplémentaire. Le manque de main-d’œuvre représente également un obstacle à l’implantation et à l’exploitation de ces nouvelles technologies. 

Malgré ces contraintes, les panélistes ont souligné les nombreuses occasions de développement économique associées à la transition technologique et énergétique. Ils ont notamment rappelé l’importance d’initiatives de maillage comme cette Grande Rencontre, qui permettent de réunir les acteurs du milieu et de favoriser la collaboration et le partage l’information. Ce partage de connaissances est essentiel pour mieux anticiper les transformations à venir, réduire l’incertitude et soutenir une transition plus rapide du secteur du transport. 

« La Rive-Sud fait face à des enjeux de mobilité qui ont désormais un coût économique bien réel pour nos entreprises, que ce soit en matière de productivité, d’accès à la main-d’œuvre ou d’attractivité des investissements. Notre Grande rencontre stratégique sur le transport est sans équivoque : les solutions sont connues, les projets sont identifiés et le milieu des affaires est prêt à passer à l’action. À l’approche de la prochaine campagne électorale provinciale, nous appelons les décideurs à faire des infrastructures – notamment celles de transport – une priorité économique claire, avec des engagements concrets, des échéanciers définis et des investissements à la hauteur des besoins, notamment dans le corridor de l’autoroute 30. Le statu quo n’est plus une option : il faut accélérer. La compétitivité de la Rive-Sud — et plus largement celle du Québec — en dépend directement. » 

Jean-François Lévesque 
Président-directeur général de la 
Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud 


À propos de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud

Depuis 1959, la Chambre agit comme catalyseur de la croissance économique de la Rive-Sud, en plus d’être un porte-parole reconnu auprès de la communauté d’affaires, du public et des différents paliers de gouvernement.

Elle exerce une influence significative en mobilisant et en donnant une voix aux entreprises et aux acteurs économiques de son territoire, établissant ainsi sa position en tant que réseau indispensable pour la communauté d’affaires de la seconde région économique en importance au Québec.

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